le patron qui aime les littéraires

8 février 2013

Lectures

Le patron qui aime les littéraires Dans « Le patron qui aime les littéraires » (préface de Valérie Pécresse Ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche), Serge Villepelet, président de PricewaterhouseCoopers, raconte avec clarté la façon dont, sous son impulsion et avec le soutien et la complicité de Bernard Deforge (professeur émérite des universités section lettres, ancien doyen), le projet Phénix s’est mis en place. Il est apparu fin 2006, période au cours de laquelle la réforme des universités françaises comprenait son ouverture au monde des entreprises. Phénix répond en quelque sorte à cet aspect. Ce projet est né également de la détermination et de la force de conviction d’un patron Serge Villepelet et du porteur de cette opération Bernard Deforge, universitaire.

Serge Villepelet expose les difficultés rencontrées, la méfiance des étudiants en lettres et sciences humaines à l’égard des entreprises ainsi que la méfiance des entreprises et diplômés des grandes écoles envers ces profils. Il indique la nécessité pour l’entreprise d’ouvrir les équipes à des diplômés formés dans un cadre non commercial et ayant des qualités humaines et critiques fondamentales pour les entreprises en cours de mutation. Les jeunes diplômés qui postulent à Phénix s’éloignent de leurs formations initiales. Ils ne seront pas par exemple des historiens de la banque, des télécoms mais bien des agents de l’entreprise avec les mêmes fonctions que les jeunes diplômés issus de grandes écoles de commerce. Leur « plus value » est dans la différence de point de vue, la distance qu’ils savent prendre par rapport à un projet et la critique qui en découle, la capacité à argumenter, à synthétiser.

Serge Villepelet indique encore que Phénix pourrait devenir un label ; le projet ayant été reconnu et validé par la ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche. On ose espérer que le projet Phénix ne soit pas qu’un coup d’éclat, répondant à une volonté politique du gouvernement actuel et qu’il se développera. Le projet Phénix est soutenu par de grandes entreprises comme Axa, Coca-Cola Entreprise, HSBC, PricewaterhouseCoopers, Renault, Société Générale et des universités « parisiennes » comme Paris 1- Panthéon Sorbonne, Sorbonne Nouvelle Paris 3, Paris-Sorbonne (Paris IV), Paris Descartes (Paris 5), Paris Ouest Nanterre La Défense (Paris 10), Paris Est Créteil.

Chaque année une opération de communication et de recrutement est mise en place dans les universités ayant reconnu le projet. Chaque entreprise présente ces offres d’emplois et des discussions sont engagées avec les étudiants présents. Cette opération est uniquement adressée aux jeunes diplômés de Master 2 Recherche en lettres et sciences humaines (philosophie, sociologie, lettres, histoire de l’art, musique).

Extrait

”Pourquoi recruter des sociologues ou des historiens de l’art alors que nous sommes reconnus, par les étudiants mais aussi par nos clients comme un creuset de talents issus des écoles les plus prestigieuses ? Ma réponse est simple : parce que je suis convaincu que ces profils ont beaucoup à apporter aux entreprises. Dans ces filières, certaines personnalités, avec leur esprit critique notamment, doivent nous aider à réfléchir à ce que nous sommes, à nos façons de faire. Bref, elles doivent nous aider à devenir plus performants en nous poussant à réfléchir aux sens de nos missions quotidiennes et de notre engagement quotidien auprès de nos clients.” Ces diplômés ont des qualités que les autres n’ont pas !” Serge Villepelet, pp. 23-24.

Témoignages

Sophie Trompette « Pour réussir, soyez motivés » Aujourd’hui : chef de marché chez Danone Hier : master 2 Histoire de l’Art à Paris IV
« Avant Phénix, je travaillais dans le monde de l’édition. C’est un secteur passionnant mais relativement fermé où les opportunités d’évolution sont limitées. J’ai choisi de postuler à Phénix car les postes proposés correspondaient à mes attentes. Je connaissais déjà le monde de l’entreprise grâce à plusieurs stages en tant qu’assistante de conservation au Musée d’art moderne de la ville de Paris et au Musée d’art moderne et contemporain de la ville de Strasbourg ou encore comme assistante d’édition chez Hachette et Flammarion. Aujourd’hui, je fais partie d’une équipe de cinq chefs de marché, je gère un portefeuille de 50 clients. Il s’agit de relayer et d’adapter au cas par cas, localement, les négociations menées au niveau national entre Danone et les grandes enseignes de la distribution. Je conseille vivement Phénix ! Pour réussir, il est important d’avoir acquis de bonnes expériences en dehors de ses études et surtout d’être motivé ! »</span

Adrien Devic « Grâce à mon métier, je voyage beaucoup »
Aujourd’hui : auditeur interne chez Renault Hier : Master philosophie à Paris 1 « C’est en lisant Le Monde que je suis tombé sur un article présentant l’Opération Phénix. Une opportunité intéressante. Aujourd’hui, auditeur interne chez Renault, je réalise des audits pour le groupe. C’est un métier qui s’apprend sur le tas, même pour un étudiant qui viendrait d’HEC ou d’une grande école d’ingénieur. Cela demande une bonne capacité d’analyse, savoir s’adapter à des problématiques différentes et être réactif. Mon métier m’amène à voyager : Roumanie, Suède, Turquie et dans un mois, je serai en Argentine. Sans être une solution de facilité, l’opération Phénix permet de tenter l’aventure. »

Les liens
Blog de Bernard Deforge http://blog.educpros.fr/bernarddeforge/2010/06/02/le-patron-qui-aime-les-litteraires/
http://www.operationphenix.fr/
Site de l’entreprise PricewaterhouseCoopers France http://www.pwc.fr/

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À propos de corinne melin

Docteure en esthétique et sciences de l’art, elle enseigne l’histoire et la théorie des arts contemporains à l'Ecole Nationale Supérieure d'Art de Limoges depuis la rentrée 2016. Elle est membre du Laboratoire du Geste fondé et dirigé par Mélanie Perrier et Barbara Formis. Elle mène une approche historique sur l’art participatif depuis les années 1950 et interroge le reenactment dans les pratiques artistiques contemporaines orientées numériques. Elle s’intéresse aux terrains communs existants entre plusieurs disciplines des Sciences Humaines et Sociales : la sociologie, la philosophie, l’art et le design. Elle a codirigé les trois premiers numéros de la revue annuelle de recherche de l’École Supérieure d’Art des Pyrénées — Pau-Tarbes "échappées". Elle a publié notamment en déc. 2014 : "Allan Kaprow, une traversée, éditions l'Harmattan ; "Ceci n’est pas un titre. les artistes et intitulation" éditions Fage Lyon, article "Art&Language : l'art de la re-description"...

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