Ouest européen versus Ouest américain, triste fin

11 juillet 2013

Articles

Les studios américains Raleigh ont failli s’installer à Toulouse
Ce qui suit est un article rédigé avant que l’état prit la décision le 4 décembre 2013 de pas valider la demande des studios hollywoodiens. En bref, les studios Raleigh ne s’installeront pas à Toulouse, ne s’installeront pas en France…
Article du journal le monde

Une réunion
le 12 avril 2012 s’est tenu à Toulouse une réunion interministérielle avec les administrations concernées (Finances, Budget, Défense, Culture), Jean-Louis Chauzy, président du Conseil économique, social et environnemental (CESER), le préfet de Midi-Pyrénées Henri-Michel Comet. A l’issu de cette réunion, il a été communiqué que le gouvernement apportait « un soutien clair » au projet d’implantation des studios américains de cinéma Raleigh sur l’ancienne base militaire de Francazal située à Cugnaux et fermée depuis 2010. Cette réunion « a débouché sur trois points positifs: l’accord pour délimiter une surface dédiée à une activité nouvelle sur la base, l’accord pour une procédure simplifiée et accélérée close au début décembre 2012, et une très rapide déclaration de soutien explicite de l’Etat au projet cinématographique et culturel« .

Un projet
L’ancienne zone militaire de plus de 200 hectares sera reconvertie d’une part en aérodrome d’affaires et en zone aéronautique et d’autre part en une parcelle « à vocation d’économie culturelle » de 25 hectares. (Le porteur de projet Bruno Granja avait initialement négocié 45 hectares.) L’appel d’offres devrait être lancé « avant le 15 juin ». La firme a mandaté l’architecte toulousain Bruno Granja pour négocier l’achat du terrain et trouver des investisseurs privés. Le porteur évalue le coût du projet à 100 millions d’euros et affirme avoir trouvé des investisseurs « mais le montage reste confidentiel ».
Selon Bruno Granja, si les problèmes d’ordre juridique sont réglés cette année, les travaux pourraient débuter en 2013, et le premier tournage programmé en 2014. Selon ses estimations, l’opération permettrait de créer cinq mille emplois directs et cinq mille emplois indirects. L’emprise des futurs studios serait quatre fois supérieure à la surface de la Cité du cinéma du producteur français Luc Besson en Seine-Saint-Denis, avec neuf plateaux, des bureaux, des ateliers de fabrication des décors, une salle de projection. Le projet comprend également la construction d’hôtels et de restaurants pour accueillir les équipes de tournage qui atterriraient sur la piste de Francazal pour tourner dans les studios sur place ou les décors naturels des Pyrénées, d’Espagne, du Midi, de la Méditerranée et de l’Atlantique. Le site sera ouvert aussi au tourisme.

Des studios
Basé à Los Angeles, Raleigh revendique la place de premier exploitant de studios de cinéma indépendants aux Etats-Unis. Avatar 2 et 3 ou la série télévisée Les Experts sont actuellement tournés dans des studios de Raleigh. Le groupe met à disposition des plateaux de tournage, des équipes techniques et de logistique. Il possède six studios de tournage aux Etats-Unis et un studio en Hongrie loués à des sociétés de production et des majors comme Disney et Marvel. Selon Bruno Granja « Raleigh veut se développer en Europe. Il souhaite construire des grands studios de tournage qui seront loués aux producteurs de séries télévisées et de films à gros budget. La France manque de grands plateaux permettant d’industrialiser les tournages. Des sociétés de production et le ministère de la culture sont intéressés par ce projet qui créera plusieurs milliers emplois de techniciens et d’artisans pour les décors.» Raleigh ne veut pas créer une filiale directe mais fournira du travail à la société française qui exploitera les studios à son nom.

Le point de vue d’acteurs de sociétés régionales et nationales du film
Franck Priot, délégué général adjoint de Film France (société nationale destinée à promouvoir la production d’œuvres audiovisuelles sur le territoire) affirme : « Aujourd’hui, la France est un pays où l’on dépense chaque année entre deux et trois milliards d’euros pour produire des films de cinéma ou des séries pour la télévision. Voilà ce qui intéresse Raleigh ».

Sylvie Duluc est présidente de Midi Films, association régionale de techniciens du cinéma créée en 2009 en Midi-Pyrénées. Midi films a participé à la rencontre avec Michael Moore, le patron des studios la semaine du 2 avril. Selon elle, « Raleigh veut créer un centre d’offre globale de production, implanter 16 plateaux, apporter chez nous son remarquable savoir-faire technique, notamment dans le domaine des séries TV où nous avons des progrès à accomplir. Ce n’est pas pour rien que la télévision française ne diffuse que des séries américaines. Il y a là un secteur à développer, un nouveau marché à conquérir pour la France. En revanche, nous sommes meilleurs qu’eux dans le cinéma d’animation. Nos talents les intéressent. » Elle poursuit en disant sur la question « d’un projet économiquement viable » ou non : «
L’industrie du cinéma rapporte beaucoup d’argent. Un exemple : le chiffre d’affaires d’Avatar en salle pourrait payer deux A 380. Et c’est une industrie en pleine croissance. Aujourd’hui, tous les studios français et européens sont saturés, ceux que Raleigh a ouverts à Budapest tournent à plein régime. Pour la région toulousaine dont la situation au centre de l’Europe de l’ouest est un formidable atout, ce sont des centaines d’emplois à la clé. Ce que nous propose Raleigh est inespéré…
»

Une ville attractive
La ville de Toulouse comprend des atouts selon les stratèges de la diversification de Raleigh. « Une agglomération de plus d’un million d’habitants, du soleil, car le cinéma, c’est avant tout une question de lumière, une ville de science et de high-tech, au moment où l’industrie du cinéma bascule de l’analogique vers le numérique. Et puis, il y a l’école supérieure d’audiovisuel et le fonds exceptionnel de la Cinémathèque. (…) ».

L’ESAV, école de cinéma publique créée en 1979, de la Licence (L3) au Doctorat est une École interne à l’université (Art. L713-9). http://www.esav.fr/ ;

- Voir la journée d’étude du 26 et 27 avril 2012 sur « ars memoria » http://www.esav.fr/l-ecole/agenda/ars-memoriae

-
Voir le Colloque international « La stratégie de marque dans le secteur audiovisuel » http://blogs.univ-tlse2.fr/colloquemarqueaudiovisuel/>

La cinémathèque de Toulouse : « les choix à Toulouse sont fondés sur une exigence de diversité nationale (avec une prédominance et un retour permanent sur les cinématographies américaines, soviétiques, allemandes et françaises) et un « grand écart » entre les cinéastes illustres (Griffith, Eisenstein, Pabst, Gance, etc.) et les « inconnus » (Bowers, Barnet, Wegener, Antoine, etc.) » in texte sur présentation de la cinémathèque de Toulouse par Jean-Paul Gorce. http://www.lacinemathequedetoulouse.com

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À propos de corinne melin

Docteure en esthétique et sciences de l’art, elle enseigne l’histoire et la théorie des arts contemporains à l'Ecole Nationale Supérieure d'Art de Limoges depuis la rentrée 2016. Elle est membre du Laboratoire du Geste fondé et dirigé par Mélanie Perrier et Barbara Formis. Elle mène une approche historique sur l’art participatif depuis les années 1950 et interroge le reenactment dans les pratiques artistiques contemporaines orientées numériques. Elle s’intéresse aux terrains communs existants entre plusieurs disciplines des Sciences Humaines et Sociales : la sociologie, la philosophie, l’art et le design. Elle a codirigé les trois premiers numéros de la revue annuelle de recherche de l’École Supérieure d’Art des Pyrénées — Pau-Tarbes "échappées". Elle a publié notamment en déc. 2014 : "Allan Kaprow, une traversée, éditions l'Harmattan ; "Ceci n’est pas un titre. les artistes et intitulation" éditions Fage Lyon, article "Art&Language : l'art de la re-description"...

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