atelier le 19 oct 2017 avec l’artiste Véronique Lamare

22 octobre 2017

Articles, livres

Une sélection d’images prises pendant l’atelier mené par l’artiste Véronique Lamare avec les étudiants de l’ESA des Pyrénées Pau et Corinne Melin, du projet intermédia.

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Véronique Lamare a développé notamment un art training fondé sur des dépenses physiques dans l’espace urbain ; ce dernier offre des espaces scéniques déjà là, traces des opérations urbanistiques. (L’artiste a exploré la ville de Bordeaux en ce sens, lors du réaménagement des quais.) Le geste (boxer, tirer, porter, soulever…) devient, dans ces espaces en attente, le signe d’une dépense gratuite, et dont une de ses limites en serait l’épuisement.
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L’atelier s’est passé dans le jardin partagé de l’école, et ces espaces contigus non aménagés.
Ainsi, nous fîmes par le geste, le mouvement, les déplacements, par des dépenses physiques, des explorations de notre environnement immédiat. L’espace choisi devenait pendant un moment notre terrain de jeu. Ce fut le jardin avec son dallage, les surfaces miroitantes du bâtiment inscrit dans le prolongement de ce dallage, la rectitude des haies délimitant des parcelles, le sol, les murs. Ce fut une redécouverte de l’espace pratiqué jusqu’alors de notre quotidien le plus banal.

Pour s’inscrire dans le sillage de la pensée de Dewey sur l’expérience de l’art, ce qui fut vécu fut une expérience esthétique. Elle s’est inscrite dans les flux de notre environnement, tout en s’en détachant, faisant de ce moment de temps et d’espace : une expérience extra-ordinaire. Cette expérience esthétique a ses propres seuils et limites, dépendant en partie des intentions corporelles et psychiques engagées par les participants. Afin de les favoriser, le contexte a été choisi pour sa présence scénique, pré-existante à son activation par nos gestes : surface miroir, bordures, dalles, tracés divers sur les murs… Quoique les gestes aient été déplacés, décalés par rapport à la fonction désignée des lieux, ils ont participé pleinement à le définir, à en cerner seuils et limites.

À propos de corinne melin

Docteure en esthétique et sciences de l’art, elle enseigne l’histoire et la théorie des arts contemporains à l'Ecole Nationale Supérieure d'Art de Limoges depuis la rentrée 2016. Elle est membre du Laboratoire du Geste fondé et dirigé par Mélanie Perrier et Barbara Formis. Elle mène une approche historique sur l’art participatif depuis les années 1950 et interroge le reenactment dans les pratiques artistiques contemporaines orientées numériques. Elle s’intéresse aux terrains communs existants entre plusieurs disciplines des Sciences Humaines et Sociales : la sociologie, la philosophie, l’art et le design. Elle a codirigé les trois premiers numéros de la revue annuelle de recherche de l’École Supérieure d’Art des Pyrénées — Pau-Tarbes "échappées". Elle a publié notamment en déc. 2014 : "Allan Kaprow, une traversée, éditions l'Harmattan ; "Ceci n’est pas un titre. les artistes et intitulation" éditions Fage Lyon, article "Art&Language : l'art de la re-description"...

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